Tuto Tarot #3 : Les cartes inversées

lames renversées

Pour ce troisième Tuto Tarot, j’aimerais vous parler des lames inversées. On me demande souvent si je tire les cartes à l’envers ou non, et quel est le résultat sur le tirage, la consultation.

Lors de ma toute première année de pratique du Tarot, j’utilisais les cartes renversées. C’est un exercice qui peut paraitre fastidieux au début, mais qui au final peut apporter une lecture plus claire et précise du tirage, notamment pour mettre le doigt sur un obstacle, une idée ou un concept entravant, une problématique particulière.

L’idée de base est simple : Une carte renversée nous oriente vers le côté « négatif » d’une carte, son énergie est retardée, bloquée. Elle ne s’exprime pas comme elle voudrait. Pour certaines cartes d’action par exemple, on dira que ce n’est pas le moment de faire quelque chose, que quelque chose ne fonctionne pas. Des exceptions existent, certaines cartes retrouvées à l’envers dans le tirage peuvent indiquer un message « positif ». Il est d’ailleurs tout à fait possible de lire un tirage entièrement inversé de manière totalement positive… Quel est donc l’intérêt de tirer les lames inversées ? C’est parfois simplement une question de bon sens et d’analyse…

Avec le temps et l’expérience, j’en suis arrivé à la conclusion que le tirage et la lecture des cartes renversées ne correspondaient pas à la pratique que je souhaitais faire du Tarot, encore moins dans une optique d’épanouissement et de développement personnel.

J’ai croisé et étudié « La Voie du Tarot », le livre d’Alexandro Jodorowsky, qui résume cette pratique de la manière suivante : « Nous ne donnons aucun exemple de lecture avec les cartes renversées. C’est un choix conscient. Utiliser les cartes à l’envers revient à intégrer les potentialités négatives de la lecture. Lorsqu’on lit les cartes à l’envers, on creuse dans le négatif et on n’en finit jamais de créer plus de négativité. Il est facile de lire des atrocités dans chacune des cartes, mais à quoi cela sert-il ? Ce n’est pas notre choix ».

Je suis totalement en accord avec cette idée que creuser dans le négatif ne mène à rien. La négativité est infinie. Ceci dit, ce serait une pratique extrêmement limitante que de se dire : carte renversée = carte négative. Non. On ne se contente pas de délivrer ce type de message bloquant et limité. Du coup, les cartes inversées peuvent indiquer un blocage, un projet retardé, certes… Mais on peut en retirer tout leur potentiel en en tirant les enseignements, les voies d’amélioration, la manière dont on peut se tirer d’un mauvais pas ou d’une vision négative de soi. Ne jamais laisser le consultant sur une entrave sans déterminer avec lui les possibilités de s’en défaire.

Certains tarologues sont partisans du « tout à l’endroit », d’autres défendront le « endroit/envers ». Pour ma part, je ne suis pas farouchement opposé à la lecture des cartes renversées. Je considère simplement que, dans un tirage, il faut dépasser cette vision basique. Certaines méthodes de tirage intègrent déjà les éventuels obstacles dans la lecture. C’est le cas du bien connu « Tirage en Croix », mais de bien d’autres types de tirages. Quel intérêt donc d’inverser les cartes ? Leur positionnement indique déjà la manière dont on les interprétera.

Chaque Arcane possède un coté sombre et lumineux. Le Pendu peut être un obstacle, la Maison Dieu une libération. C’est votre rôle, avec l’accord et l’appui de votre consultant, de l’amener à dépasser le blocage pour réaliser ses potentiels et atteindre cette forme de libération. Tous les potentiels, positifs ou négatifs, sont intégrés dans chaque Arcane. Le Monde représente un accomplissement, certes, mais en fonction de sa place dans le tirage il peut également être un enfermement, un début difficile ou contraignant. 

D’autre part, on oublie le rapport avec le consultant. Quand vous lui parlez, échangez avec lui, au fur et à mesure que les cartes sont tirées, les obstacles ou potentiels entravés apparaissent. On en revient toujours à l’empathie, au dialogue. Par exemple : Le consultant a t-il besoin de voir une Force renversée pour comprendre qu’il refoule quelque chose ? Discutez avec votre consultant, faites jouer votre intuition.

Je ne dis pas que le tirage du Tarot doit toujours être positif, absolument pas. Il est tout simplement possible d’intégrer les obstacles, les problématiques d’une situation et les voies d’amélioration SANS renverser les lames. Voilà tout !

Enfin, un point purement technique si vous utilisez (comme moi) le Tarot de Marseille. Certains Arcanes mineurs, comme le 8 de Deniers, sont symétriques. Certains tarologues y verront un principe de neutralité : ce n’est pas mon cas ni ma pratique.

8 de Deniers

Résumons ! Pour les apprentis tarologues qui lisent ce tuto et se posent la question des lames à l’envers : NON ! Cette pratique n’est absolument pas obligatoire si l’on veut devenir un bon praticien. Ce n’est pas plus pertinent qu’un tirage « tout à l’endroit ». Ce qui fera la différence, c’est votre sensibilité, votre intuition, votre bon sens et la manière dont vous délivrez le message du Tarot, tout en prenant soin de ne pas occulter les points bloquants, paralysants. C’est en repérant ces points, ces failles parfois, que l’on permet au consultant de prendre conscience de ses potentialités et de dépasser les obstacles et les conflits internes.

Mais après tout, chacun sa pratique. Mon conseil aux apprentis tarologues est de tout simplement faire confiance à leur intuition. Vous vous sentez d’attaque pour interpréter un tirage comprenant des cartes renversées ? Testez ! Vous verrez bien si le message du Tarot vous parait plus clair et surtout, si vous aidez le consultant dans son questionnement.

Pour finir, je vous invite à lire cet article sur les cartes inversées : « Jodo parle du Tarot ».

Note : Ce qui est dit dans ce tuto représente MA perception du Tarot et je fais part de ce qui marche, pour moi et les personnes qui viennent me consulter. Il existe autant de manières de pratiquer la tarologie que de tarologues, ce tuto ne prétend pas détenir la vérité absolue, simplement la transmission de mon expérience et de celle de mes consultants et de mes élèves.